Au lendemain de la présidentielle de février 2020, l’opposition togolaise est rentrée dans une phase de turbulence marquée par des guerres de leadership, des attaques par médias interposés ; une situation qui laisse perplexes les militants, sympathisants et observateurs de la scène politique. Dans une interview accordée à notre rédaction, Binafame Kohan, secrétaire national chargé de l’administration des FDR, parle de son parti, des difficultés au sein de l’opposition, de la gouvernance actuelle et des perspectives de l’opposition pour l’avènement de l’alternance.

I228 : Vous êtes le secrétaire national chargé de l’administration du Parti les Forces Démocratiques pour la République (FDR). Comment se porte le parti FDR ?

Binafame : Merci pour l’occasion que vous m’offrez de me prononcer sur l’actualité de notre pays. Ceci dit, pour répondre à votre question, je dirai que les Forces Démocratiques pour la République (FDR) se portent bien. Le parti fonctionne normalement. Nous tenons, au niveau du Conseil de Direction qui est l’instance décisionnelle, une réunion hebdomadaire pour réfléchir sur l’avenir du parti et du pays.

En novembre dernier, le parti a eu quatre (04) ans d’existence sur la scène politique de notre.  Dans le cadre de la célébration du 4ème anniversaire du parti, nous avons organisé le 05 décembre 2020 un Conseil National qui a rassemblé des délégués venus de toutes les communes et qui nous a permis de décider de la ligne à suivre pour les prochains mois au regard de l’évolution de la situation politique sur les plans national et international. Le Conseil National a été une occasion solennelle pour le parti de dénoncer la mauvaise gestion de notre pays et les dérives dictatoriales du régime en place ainsi que la montée de l’intolérance que nous observons au sein de l’opposition depuis un certain temps

Ce Conseil national a été, de notre point de vue, et de l’avis de nombre d’observateurs de la scène politique, un franc succès. Et cela a d’ailleurs suscité une certaine acrimonie chez certains acteurs politiques qui, dès lors, tentent en vain de ternir l’image du parti et surtout de détruire l’honorabilité de son président national, Me Paul Dodji Apévon, en cherchant à les couvrir d’opprobre à travers toutes sortes de mensonge, de délation et de médisance.

C’est au cours cet événement que nous avons appelé les partis de l’opposition démocratique à se retrouver pour engager sans tarder une réflexion pour identifier sans complaisance les causes de l’échec des différents regroupements, réflexion devant déboucher sur la mise en place d’un front afin de rendre possible l’alternance voulue par la majorité des populations. C’est également à cette occasion que nous avons appelé toute la classe politique, pouvoir et opposition, à un débat national pour la décrispation de la situation politique dans notre pays, débat au cours duquel seront discutées les questions d’intérêt national et qui devra déboucher sur la dissolution de l’actuelle assemblée nationale pour la mise en place d’une nouvelle, inclusive et plus représentative.

Par la suite, dans le cadre de la mise en œuvre des orientations du Conseil National, le parti a organisé du 26 au 28 février 2021 un atelier pour élaborer son plan stratégique pour les années à venir afin de ne pas naviguer à vue. Le plan stratégique devra nous servir de boussole dans la mise en œuvre des actions du parti et nous permettre de faire une occupation méthodique, scientifique et efficace du terrain en vue d’étendre l’assise du parti à tous les coins de notre pays. Tout ce que je viens d’énumérer est une illustration de la bonne santé du parti.

Un an déjà que les Togolais étaient aux urnes pour élire un nouveau président. Faure Gnassingbé le président sortant a été proclamé vainqueur de ces élections. Quel bilan pouvez-vous faire de la première année du 4ème mandat du chef de l’Etat?

Lors du conseil national précité, nous avons, sans complaisance, fait un diagnostic de la gouvernance calamiteuse de notre pays par le système en place depuis près de 60 ans. Cette gouvernance, au plan économique rime avec le règne de la corruption, des détournements de deniers publics par une minorité aux dépends de la majorité des citoyens. En effet, malgré la mise en place, tambours battants, de la Haute Autorité de de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilés (HAPLUCIA), la corruption gagne du terrain dans notre pays à tel point que le dernier classement des pays africains selon l’indice de perception de la corruption rendu public en janvier 2021 par Transparency International place le Togo parmi les 31 pays les plus corrompus. La dernière preuve en date que la corruption est érigée en mode de gouvernance au Togo, c’est le fait que Vincent Bolloré ait accepté au préalable sa culpabilité, c’est-à-dire de plaider coupable devant la justice française qui le poursuit pour des faits de corruption active d’agents publics étrangers et de complicité d’abus de pouvoir pour avoir des faveurs dans la concession du port de Lomé en 2010.

Des pratiques inciviques telles que la corruption et les détournements de deniers publics privent notre pays de milliards de franc qui auraient pu servir à mener des actions de développement. En conséquence, sur le plan social, les populations végètent dans l’indigence totale, car le pays a un taux de pauvreté encore très élevé qui atteint, par endroits, 77%.  Selon le FMI, en 2021, le Togo est le 15ème pays le plus pauvre au monde avec un PIB par habitant qui est de 759 dollars américains. Même la Somalie qui a connu des décennies de guerre est mieux classée que le Togo. Les pays les plus pauvres sont ceux qui produisent le plus faible PIB par habitant.  Le système éducatif est caractérisé par des crises à répétition et une insuffisance chronique d’infrastructures matérialisée par des salles de classes surpeuplées rendant très difficiles les conditions d’apprentissage. Les autorités, bien que conscientes que notre système éducatif est inefficace, ne font véritablement rien pour l’améliorer. Par conséquent, nos universités et écoles supérieures continuent d’être des machines à fabriquer des chômeurs. Le secteur de la santé, logé à la même enseigne que celui de l’éducation, est essentiellement caractérisé par un plateau technique défaillant dans les différents centres de santé publics, transformant ceux-ci en de véritables mouroirs.

Malheureusement, depuis la dernière élection présidentielle, on ne voit pas ce qui se fait pour remédier à la situation chaotique décrite ci-dessus. D’ailleurs, lorsque l’on observe de façon attentive certains actes que pose les gouvernants, on peut en toute légitimité se demander si ce régime a en réalité envie de faire le bonheur des populations. J’ai du mal à comprendre le fait d’avoir investi des milliards dans la rénovation de la morgue du CHU Sylvanus Olympio au lieu de les consacrer à l’achat de matériels modernes pour relever le plateau technique de nos hôpitaux.

La dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) qui avait soutenu le candidat du MPDD, Dr Kodjo Agbéyomé aux élections présidentielles du 22 février 2020 continue de contester les résultats de ces élections malgré que le contentieux électoral soit vidé par la Cour Constitutionnelle. En tant qu’acteur politique que pensez-vous de cette posture de la DMK ?

Ce n’est pas la première fois au Togo ou ailleurs en Afrique qu’un parti ou un regroupement de partis politiques ou encore un candidat continue de revendiquer la victoire lors d’une élection bien que la cour constitutionnelle ait déclaré quelqu’un d’autre vainqueur. Donc, ce que fait la DMK n’est pas nouveau sous les cieux. Il est important que l’on comprenne que le fait que la loi dispose que les décisions de la cour constitutionnelle sont insusceptibles de recours ne signifie pas que le candidat qui est convaincu d’avoir été triché ne peut pas continuer par l’affirmer.   La DMK ne viole aucune loi de la République lorsqu’ elle continue d’affirmer que Agbéyomé Kodjo est le véritable vainqueur de la dernière élection présidentielle en dépit du fait que la cour constitutionnelle a donné un verdict différent. A ma connaissance, il n’existe pas une disposition dans la constitution ni une loi qui interdit à un candidat malheureux à une élection de dire haut et fort qu’il est insatisfait de la décision rendue par l’instance électorale suprême. Une telle disposition existerait qu’elle serait à mon avis antidémocratique et donc liberticide, étant donné que l’un des principes fondamentaux de la démocratie, c’est le droit de ne pas être d’accord.

Ceci étant, la véritable question que l’on doit se poser est de savoir si le fait de dénoncer la décision de la cour constitutionnelle peut amener celle-ci à se dédire et corriger le résultat de l’élection en faveur du contestataire. Pour rester dans le contexte du Togo, la réponse est, sans ambages, non. Il ne sert donc à rien d’entretenir de faux espoirs, parce que la politique, c’est aussi la juste appréciation de la situation et le courage de dire la vérité. Pour rappel, pendant des années, après l’élection présidentielle frauduleuse de 2010, le Front Républicain pour l’alternance et le Changement (FRAC) avec comme locomotive l’UFC et plus tard l’ANC, malgré des manifestations populaires répétitives, n’a pas réussi à faire changer d’avis la cour constitutionnelle pour reconnaître la victoire de Jean Pierre Fabre. Cela a toujours été ainsi au Togo, parce que les institutions en charge des élections sont inféodées au système en place. Ces institutions n’ont pas changé depuis le 22 février 2020. A cette allure, je ne vois pas comment la DMK peut prendre le pouvoir, à moins qu’il y ait dans les jours et semaines à venir un rapport de force défavorable à UNIR. Mais, je ne perçois aucun signe me permettant d’espérer que la DMK peut créer un rapport de force qui lui est favorable.

Néanmoins, cette situation pose le problème du pouvoir exorbitant attribué aux cours électorales dans le monde. Est-ce que le fait de disposer de façon absolue que les décisions de la cour constitutionnelle sont insusceptibles de recours ne peut-il pas constituer un danger pour la démocratie ? Personnellement, je pense que donner un pouvoir absolu, sans gardes fous à une cour constitutionnelle de décider de l’issue d’une élection peut se révéler dangereux pour la démocratie, en particulier dans les pays où celle-ci n’est pas solidement ancrée. Il y a un grand risque que des juges constitutionnels incompétents ou inconscients renversent les résultats d’une élection, foulant ainsi aux pieds la volonté du peuple souverain et mettre de ce fait le pays à feux et à sang. Nous avons encore souvenance des dégâts en termes de pertes en vies humaines que les violences postélectorales de 2005 au Togo ont engendrés. Pour rappel, l’ONU avait dénombré plus de 500 morts et des centaines de milliers de réfugiés et de déplacés. Au Kenya en 2007 et 2008, les violences postélectorales consécutives à la décision manifestement injuste de la cour suprême électorale ont occasionné des milliers de morts et des crimes contre l’humanité.

Au nom de la morale, toute décision injuste d’où qu’elle vienne, doit être vigoureusement contestée et au besoin corrigée. C’est pourquoi je pense qu’il faut prendre des précautions pour que les décisions de la cour constitutionnelle ne soient pas manifestement contraires à la volonté exprimée par le peuple souverain dans les urnes. Nous devons éviter la paresse intellectuelle et commencer par réfléchir aux voies et moyens de faire en sorte que les cours constitutionnelles en Afrique cessent d’être un instrument de braquages électoraux pour devenir de véritables garantes du respect de la volonté des électeurs.

Mais le plus important et urgent, si les politiques africains veulent épargner à nos pays des situations postélectorales dangereuses pour la paix, c’est de faire en sorte que les institutions en charge des élections soient établies de façon consensuelle et inspirent confiance aux différents camps en compétition. Si au lieu de cela, il y a parmi nous des gens qui continuent par ruser avec le peuple, nos pays vont finir par brûler ; et les conséquences seront désastreuses pour tous les protagonistes, car dans une guerre, les pertes ne sont jamais d’un seul côté.

Dans le cadre des élections régionales prévues au cours de cette année, le gouvernement en accord avec les partis politiques (pouvoir et opposition) ont mis sur pied un cadre dénommé Concertation Nationale entre Acteurs Politiques (CNAP). Que pensez-vous de ce cadre?

La mise en place du cadre de discussions dénommé Concertation nationale entre les acteurs politiques (CNAP) procède de la nécessité d’un dialogue entre l’opposition et le pouvoir pour parvenir à un minimum de consensus sur les questions d’intérêt national dans le souci de trouver des solutions à la crise sociopolitique que traverse le pays depuis maintenant plus de trente ans. Rappelez-vous que, suite à la dernière mascarade électorale, plusieurs voix s’étaient élevées aussi bien dans la classe politique que dans la société civile pour réclamer un dialogue sincère sur l’avenir du pays. Mais le pouvoir était jusque-là resté sourd à tous ces appels de bon sens.

Mais nous savions, aux FDR, que la classe politique, pouvoir et l’opposition, ne peut pas faire économie d’un dialogue pour longtemps, si tant est que, comme le professent les acteurs politiques, l’avenir du pays est leur souci majeur. Pour nous, le dialogue est incontournable parce qu’il est l’unique solution sensée à la crise politique que vie le Togo et qui retarde son développement. C’est pour cette raison que nous avons, lors de notre conseil national, lancé un appel solennel pour l’ouverture d’un dialogue sur les questions d’intérêt national. Comme le dit Yacouba Halidou in ‘’Justice sociale et paix en Afrique’’ : « Historiquement parlant toutes les guerres ont eu pour origine le refus obstiné du dialogue, complété par la volonté maléfique d’anéantissement de l’autre qui aurait dû être pourtant le partenaire privilégié du dialogue ».  Nous avons la certitude que c’est par un dialogue authentique que nous parviendrons à restaurer la démocratie dans notre pays et conjurer les violences postélectorales.

C’est eu égard à tout ce qui précède que nous avons répondu à l’invitation du pouvoir pour discuter de la tenue des élections régionales. Mais dès la première rencontre, l’opposition a exigé que les discussions portent non seulement sur les conditions de tenue des régionales mais aussi et surtout sur toutes les élections à venir ainsi que sur d’autres sujets d’intérêt national. Donc, contrairement à ce que certains, par méchanceté, font distiller dans certains médias et sur les réseaux sociaux à des fins de diabolisation des partis d’opposition qui ont répondu à l’invitation du pouvoir, les discussions dans le CNAP ne porteront pas seulement sur les élections régionales.

Mais, certains au sein de l’opposition et de la société civile rejettent toute discussion avec le régime en place, parce qu’ils sont convaincus qu’un nouveau dialogue ne connaîtra pas un sort meilleur que celui des 28 précédents.  C’est un fait indéniable que les précédents dialogues n’ont pas permis de résoudre la crise politique, parce que le pouvoir a refusé de mettre en œuvre les accords qui en sont issus. Pour autant, je ne pense pas que l’on peut soutenir de façon péremptoire que les discussions entre acteurs politiques ne servent à rien.  Ceux qui rejettent le dialogue avec le pouvoir, disent qu’il faut simplement chasser ce dernier par une révolutionnaire populaire. Ce serait malhonnête de notre part de dire que cette option est utopique. D’autres peuples en lutte sont venus à bout des dictatures par des révolutions. Néanmoins, nous pouvons affirmer que la révolution est une voie très coûteuse par les dégâts humains et matériels qu’elle engendre contrairement au dialogue qui n’occasionne ni mort ni dégât matériel.

Mais nous sommes conscients que pour être fécond et positif, le dialogue doit être libre et critique. Cela suppose des conditions telles que l’ouverture d’esprit et de cœur, la reconnaissance des faits, la précision des mots, c’est-à-dire du langage. Il doit respecter ce qu’on pourrait appeler un code éthique fondé sur l’amour du prochain, lequel amour n’est pas aussi automatique qu’on le pense. Aux FDR, nous sommes dans cette disposition d’esprit et nous y allons pour proposer notre contribution à la résolution de la crise que connaît notre pays. Si toutes les parties prenantes, notamment le pouvoir, sont conscientes du préjudice que la crise politique fait subir à notre pays et sont disposées à jouer franc jeu, le dialogue débouchera sur un compromis acceptable pour nous tous. Ce qui est sûr, nous n’allons pas ce dialogue en victime résignée pour nous voir imposer des choses qui ne sont pas de nature favoriser la restauration de la démocratie.

Aussi, nous ne céderons pas aux intimidations des anti- dialogues qui pensent pouvoir nous dissuader de discuter avec le pouvoir en place en nous livrant à la vindicte populaire. Nous entendons très souvent certains dire que ceux qui ont fait l’option  des discussions avec le régime en place sont des soutiens et des collabos de celui-ci. Mais sincèrement, pour tenir de tels propos, il faut être inculte politiquement ou de mauvaise foi. Sinon, peut-on dire que Nelson Mandela fut un soutien du régime d’apartheid, parce qu’il a accepté négocier avec ce dernier pour instaurer la démocratie en Afrique du Sud ? Peut-on soutenir que Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et leurs partis sont des collabos du régime de Ouattara, parce qu’ils demandent un dialogue avec ce dernier ?

Aujourd’hui le parti au pouvoir semble avoir un boulevard devant lui. Que comptez-vous (opposition) faire pour rétablir le rapport de force face au pouvoir ?

Le parti au pouvoir a un boulevard devant lui à cause de notre désorganisation au niveau de l’opposition. C’est pour mettre un terme à cette désorganisation préjudiciable à la lutte que nous avons lancé lors de notre conseil national un appel à l’opposition de se retrouver pour engager une réflexion pour identifier sans complaisance les causes de l’échec des différents regroupements, réflexion devant déboucher sur la mise en place d’un front afin de rendre possible l’alternance voulue par la majorité des populations. Autant Karl Max était convaincu que l’union des prolétaires les rendrait plus forts, autant, aux FDR, nous sommes convaincus que c’est par l’unité d’actions que l’opposition peut facilement venir à bout de ce régime dictatorial qui nous régente depuis plus d’un demi-siècle. Pour joindre l’acte à la parole, pour ce dialogue en démarrage, les FDR, le PSR et l’UDS-Togo ont déposé des propositions communes. Les trois partis se sont concertés avec l’ANC pour harmoniser leurs points de vue.

Malheureusement, tandis que nous, nous disons que les forces acquises au changement doivent se retrouver, il y a une nouvelle catégorie d’opposants qui pensent que l’urgence c’est d’abord détruire l’opposition traditionnelle avant de s’organiser pour affronter UNIR ses alliés. C’est ce qui justifie le fait que certains passent tout leur temps à inventer toutes sortes de mensonges contre des leaders tels que Fabre, Apévon, Gogué, Wolou, Antoine Folly. A cet effet, on entend et lit des propos tels que les militants doivent abandonner les partis politiques pour la patrie. On se demande si le militantisme et le patriotisme sont antinomiques. Mais je peux rassurer ceux qui pensent ainsi qu’ils font fausse route. Ils ont intérêt à faire autre chose.

Depuis 2019, le Togo est rentré pleinement dans le processus de décentralisation. Après un an d’activités des élus locaux, quel regard portez-vous sur le processus de décentralisation ?

La décentralisation rendue opérationnelle à travers les élections locales de 2019 est un passage obligé pour un véritable développement des collectivités locales et de toute la Nation. Mais un an après, il faut reconnaître que le bilan est mitigé du fait de l’immiscion répétée du pouvoir déconcentré dans les prérogatives des maires d’une part, et le problème de moyens d’autre part. A Lomé, on peut encore voir le processus balbutier, mais avec quelques actions des élus locaux ici et là. A l’intérieur du pays, c’est carrément le contraire où les maires sont encore sous la coupe réglée des préfets et manquent du minimum pour faire fonctionner ne serait-ce que l’administration communale avant de parler d’investissements. Même s’il est vrai que le début de toute chose est toujours difficile, il faut reconnaître que le processus ploie sous des difficultés liées au manque de volonté du gouvernement de libérer véritablement des pans de pouvoir prévu dans la loi sur la décentralisation.

Nous sommes arrivés à la fin de notre entretien. Un mot à l’endroit des populations ?

Juste leur dire qu’un autre Togo est possible si tous ceux qui souffrent de la gouvernance calamiteuse du pays sont décidés à faire en sorte que les choses changent.  Ce que nous vivons au Togo n’est pas un fait unique dans l’histoire. D’autres peuples ont connu des situations pires que la nôtre. Je pense notamment aux Noirs Sud-Africains sous l’apartheid et aux Américains noirs sous la ségrégation raciale. Mais dès qu’ils ont réellement décidé de mettre fin à la servitude à laquelle ils étaient contraints par la minorité blanche, ils y sont parvenus. Je suis convaincu qu’un jour il fera jour. Mais nous devons résister toujours et continuer par lutter. Car, seule la lutte libère.

Je vous remercie

I228 célèbre J-GADO - N\'KOGNÉ

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