Apres une tribune interpellant Faure Gnassingbé sur la nécessité de prendre des mesures fortes contre le coronavirus, l’acteur de la société civile Mohammed Madi Djabakaté, revient de nouveau pour saluer les mesures prises à leur juste valeur, inviter le corps médical, les religieux et les citoyens à faire preuve de plus de vigilance et d’abnégation pour vaincre le Covid-19 . Il appelle à la mobilisation solidaire et s’engage à faire un don d’un million de Francs au personnel hospitalier du Togo.

MESSAGE AUX COUSINS DU 23 MARS 2020

Chers Cousins,
Actualité oblige il me semble nécessaire de revenir vers vous dans un délai court. Dans mon dernier message adressé au Cousin Président, j’ai insisté sur la nécessité de voir les autorités togolaises assumer pleinement leurs responsabilités face au COVID-19. Bien que je reste sur ma faim, je salue les mesures prises par le gouvernement le 20 mars dernier. Toutefois, j’insiste sur la quarantaine impérative à l’arrivée à l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma. Toutefois, comme promis à mon cousin, je continuerai par mobiliser les togolais de différents bords afin obtenir l’adhésion de la population, quitte à solliciter les leaders d’opinion pour relayer le message du COVID-19 mais aussi pour participer à la réponse requise.

Chers Cousins,
Permettez-moi de faire d’une pierre 03 coups. Je voudrais respectivement m’adresser aux cousins du personnel médical, aux cousins à la base, et aux cousins des corporations religieuses. Nous sommes à l’heure de la coordination pour parer au défaut de plan de contingence tangible de nos autorités. Nous aurons le temps de revenir plus largement sur les responsabilités quand nous en aurons fini ensemble et dans l’union avec le COVID-19.
Le constat est alarmant quand j’apprends qu’il n’y a pas d’unité de réanimation au CHU Campus et qu’il n’y a que 4 lits. Il en est de même lorsque j’apprends que ce n’est que ce samedi 21 mars qu’on se décide finalement à identifier un hôpital pour accueillir exclusivement les cas de COVID-19. Bref il n’y a pas eu de plan de contingence et jusqu’à présent on continue par tâtonner. Un plan de contingence entre en jeu quand le plan original ne fonctionne pas. C’est pourquoi il est souvent appelé plan de secours ou plan B. Pour rappel, un plan de contingence est un type de plan préventif, prédictif et réactif. Il présente une structure stratégique et opérative qui aide à contrôler une situation d’urgence et à minimiser ses conséquences négatives (temps d’arrêt, etc.). Le plan de contingence propose tout un ensemble de procédures alternatives au fonctionnement normal d’une organisation, lorsque l’une de ses fonctions habituelles est affectée par une contingence interne ou externe. Cette classe de plan cherche donc à assurer la continuité du fonctionnement de l’organisation face à toute éventualité, pouvant être matérielle ou personnelle. Un plan de contingence comprend quatre étapes basiques : l’évaluation, la planification, les preuves de viabilité et l’exécution. Je ne saurai dire présentement si le pays est à l’une de ses étapes. Mais il n’est jamais tard pour bien faire. Les experts recommandent de planifier avant même qu’il ne le soit nécessaire ; autrement dit, avant qu’un accident ait lieu. Par ailleurs, un plan de contingence doit être dynamique et doit inclure des alternatives face à de nouvelles incidences qui puissent avoir lieu au cours du temps. Pour cette raison, il doit être mis à jour et revu périodiquement. Nous avons désormais des cas de COVID-19 au Togo. Le gouvernement doit nous situer sur ses objectifs stratégiques et partager son plan d’action pour répondre à certains défis. Ce n’est qu’ainsi qu’à nos niveaux respectifs nous pourrons voir comment contribuer à sa mise en œuvre. Pour qu’on puisse bouger, l’Etat doit agir. La réalité est qu’on a tellement vendu la paix en croyant que les pires menaces sont militaires. Au lieu de préparer la bonne armée pour faire face à la situation on a privilégié la formation de la mauvaise armée. L’armée en blouse blanche a été délaissée au profit de l’armée en treillis.

Chers cousins du secteur de la santé,
Je voudrais avant tout vous féliciter pour tous les risques que vous prenez au quotidien. Vous formez une équipe à vos positions respectives allant de l’agent à l’accueil au médecin traitant sans oublier ces nombreux internes qui sont au premier front dans la prévention et la riposte. En ce moment particulier j’ai une pensée pour mes cousins et cousines présentement en quarantaine après avoir accueilli des patients porteurs du COVID-19. J’ai l’intime conviction que le dénouement sera heureux et vous devez garder le moral. Tout en pensant aux malades nous devons penser à ceux qui s’occupent d’eux. Cela implique de notre part une mobilisation pour permettre au personnel hospitalier, à tous les différents niveaux de la chaine, de disposer d’outils de protection de qualité. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’appuyer l’action humanitaire d’urgence que lancent les acteurs de la santé : # Solidaritéspersonnelsoignantstg. A ce titre j’ai décidé de faire un don d’un montant d’un million (1 000 000) de francs CFA en faveur de cette action humanitaire d’urgence dès que le Numéro de Compte désigné à cet effet serait publié dans les prochaines heures. C’est une goutte d’eau insignifiante par rapport aux besoins de la corporation. Je vous invite à m’emboîter les pas de la façon que vous pouvez. Essayons d’apporter chacun notre petite part. Non pas parce que nous en avons de trop mais plutôt parce que nous voulons partager le peu que nous avons avec les autres en ce moment délicat. Rappelons-nous que pour soigner les malades il nous faut d’abord un corps médical en bonne santé. Il est de notre devoir à tous d’aider le personnel soignant à lutter contre le COVID-19. Cette aide peut être multiforme même si moi j’ai préféré verser directement de l’argent. Vous pouvez également donner de l’argent, du temps, du sang, des masques. S’il est plus facile pour une équipe sportive de remporter un match à domicile, c’est toutefois grâce au soutien du public ! Le personnel soignant aussi peut bénéficier de ce soutien psychologique que nous avons eu à donner aux éperviers pour se qualifier pour le mondial 2006.

Chers Cousins à la base,
Comme vous le savez, le premier essai d’un vaccin a débuté 60 jours à peine après la publication de la séquence génétique du virus. C’est une victoire scientifique sans précédent et, le 17 mars 2020, une première personne a participé à l’essai aux États-Unis d’Amérique grâce aux NIH, et nous espérons que cela nous aidera à trouver une solution supplémentaire dans la lutte contre la COVID-19. En attendant ce vaccin, la seule chose sensée que nous pouvons faire est de redoubler de vigilance et d’adopter les mesures drastiques qui ont permis à un pays comme la Chine de s’en sortir. Pour la première fois, le 19 mars 2020, la Chine n’a notifié aucun cas autochtone. C’est un résultat extraordinaire qui confirme l’efficacité des mesures prises.
Les mesures d’éloignement physique, comme l’annulation ‎d’événements sportifs, de concerts et d’autres grands ‎rassemblements, peuvent aider à ralentir la transmission du virus. ‎Elles peuvent réduire la charge qui pèse sur le système de santé. ‎Et elles peuvent rendre les épidémies plus faciles à gérer, en ‎permettant des mesures ciblées et précises.‎ Mais pour endiguer et maîtriser l’épidémie, les pays doivent isoler, ‎tester, traiter et rechercher les contacts.‎ S’ils ne le font pas, les chaînes de transmission peuvent se maintenir ‎à un faible niveau, puis resurgir une fois que les mesures ‎d’éloignement physique sont levées.‎ Se laver les mains contribue à réduire le risque d’être soi-même infecté. Mais c’est aussi un acte de solidarité car il réduit le risque de transmettre l’infection à d’autres personnes de la communauté et du reste du monde. Faites-le pour vous-même, mais faites-le aussi pour les autres. Il faut que les gens fassent preuve de solidarité en s’abstenant de faire des réserves d’articles essentiels, y compris des médicaments. Ce stockage compulsif peut créer des pénuries de médicaments et d’autres produits essentiels, qui peuvent à leur tour exacerber la souffrance.
Nous devons vulgariser ces messages pour pouvoir prendre le dessus. Je ne serai pas dur en plagiant un auteur inconnu que j’ai lu quelque part aujourd’hui : la discipline a sauvé la Chine ; l’indiscipline a noyé l’Europe ; mais l’inconscience pourrait effacer l’Afrique. Soyons conscients et rappelons-nous que le COVID-19 ne circule pas ; ce sont les gens qui le font circuler.

Chers Cousins des corporations religieuses,
Je pense que vous disposez de l’expertise en matière de solidarité et d’assistance. Avec le confinement nous assistons à des comportements de commerçants véreux qui font monter les enchères. Au même moment, nous avons ces milliers de togolais qui vivent au taux du jour et ne peuvent s’offrir le luxe de manger s’ils ne travaillent pas. Nous devons organiser la chaine de solidarité et identifier ceux qui sont dans le besoin pour leur apporter à manger durant cette période de quarantaine à bénéfice mutuel. Apportons la nourriture à ceux qui en ont le besoin pour qu’ils ne circulent pas. Ils ne sont pas loin. Ce sont pour la plupart nos voisins, nos membres de famille, nos connaissances ou tout court nos cousins.
C’est le moment et l’occasion de faire la charité. Ce n’est pas aller à la mosquée ou à l’église avec des habits neufs qui fait de nous un croyant. La foi est agissante par la charité.
Dans le langage ordinaire, la charité est une vertu qui porte à désirer et à faire le bien d’autrui. Elle rend donc service aux gens. C’est donc un acte inspiré par l’amour du prochain. Dans le langage des théologiens, elle désigne à la fois l’amour de Dieu pour lui-même et du prochain comme créature de Dieu. « La charité prend patience, la charité rend service, elle ne jalouse pas, elle ne plastronne pas, elle ne s’enfle pas d’orgueil, elle ne fait rien de laid, elle ne cherche pas son intérêt, elle ne s’irrite pas, elle n’entretient pas de rancune, elle ne se réjouit pas de l’injustice, mais elle trouve sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle endure tout. […] Les trois demeurent : la foi, l’espérance et la charité. Mais la charité est la plus grande. » (I Co 13, 1-7. 13). La charité est la vertu reine des vertus : l’amour de Dieu et du prochain.
En islam, dépenser son argent pour plaire à Allah et implorer Ses Bénédictions s’appelle Charité. Le don de la charité est hautement recommandé dans le Coran et la Sounnah et la récompense pour les actes charitables est grande. Bien que tout, y compris les propriétés financières de chacun, appartient en réalité à Dieu, le Coran présente le don de charité comme un prêt à Dieu : « Quiconque fait à Allah un prêt sincère, Allah le Lui multiplie, et il aura une généreuse récompense » (57 :11). La charité, en islam, est non seulement recommandée, mais obligatoire pour tout musulman qui est stable financièrement. Donner la charité à ceux qui sont dans le besoin fait partie de la nature du musulman et constitue un des cinq piliers de l’islam. La zakat est une « charité obligatoire »; en effet, il est obligatoire, pour ceux que Dieu a comblés de richesses, de venir en aide aux membres de la communauté musulmane qui sont dans le besoin. Certaines personnes, dépourvues de tout sentiment d’amour et de compassion envers autrui, ne savent qu’amasser les richesses et les faire fructifier encore en les prêtant à intérêts. Les enseignements de l’islam sont aux antipodes de ce genre d’attitude. L’islam encourage le partage des richesses et fait en sorte que les gens arrivent à se débrouiller et à devenir des membres productifs de la société. Dieu, le Très-Haut, a dit dans Son Noble Livre : « La charité ne consiste pas à tourner vos faces vers l’Orient ou vers l’Occident. L’homme bon est celui qui croit en Dieu, au Jour dernier, aux anges, au Livre et aux prophètes. Il est celui qui, pour attaché qu’on y soit, donne de son bien aux proches, aux orphelins, aux mendiants et pour l’affranchissement des esclaves… » (Coran II, 177).
Vivons autrement notre foi durant cette période.
La situation est sérieuse.

Rappelez-vous ces chiffres de l’Italie : 20 février : 3 cas ; 22 février: 62 cas et 2 morts ; 8 mars: 5 883 cas et 233 décès ; 10 mars: 9172 cas, 433 décès ; 13 mars: 17 660 cas et 1 266 décès ; 19 mars le nombre de décès en 24h est de presque 500 personnes.
Nous sommes tous en effet confrontés actuellement à deux options : [discipline, engagement] ou [imprudence ou complaisance] dont l’une des deux déterminera le nombre de cas à venir et la situation sanitaire dans les prochaines semaines.
Nos slogans doivent être :
#J’aime mes concitoyens,
#Je suis responsable ;
#Je reste à la maison
# Prenez soin de vous et de la vie de la personne que vous aimez et qui vous sont chères.
#AChacunDeNousDeFaireSaPart
# Solidaritéspersonnelsoignantstg
#EnsembleNousVaincrons
#COVID19vsTOGO2020

Papa Khadidja
Votre Cousin

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